Tout nous conduit donc à la mise en place d'une deuxième Chambre du Parlement, dont les membres seront élus en priorité par nos conseils généraux et municipaux. Cette Assemblée complétera la première en l'incitant, si nécessaire, à reconsidérer ses projets ou à en examiner d'autres, introduisant dans le processus législatif un facteur administratif, habituellement négligé par un organe collégial d'origine purement politique. Naturellement, des représentants d'organisations économiques, familiales et intellectuelles deviendront également membres de cette Chambre, afin que la voix des plus grands secteurs de l'activité nationale puisse être entendue au sein des institutions étatiques. Les membres de cette Assemblée, réunis avec les délégués des assemblées locales d'outre-mer, formeront le grand Conseil de l'Union française, habilité à débattre des droits et problèmes de la compétence de l'Union, du budget, des affaires étrangères, affaires intérieures, défense nationale, économie et communication.
Il est donc évident que le pouvoir exécutif ne peut venir d'un parlement composé de deux chambres exerçant le pouvoir législatif, car cela conduirait à une confusion des pouvoirs dans laquelle le gouvernement deviendrait rapidement une simple équipe de parti. Il ne fait aucun doute que dans la période de transition que nous traversons, il était impératif que le premier ministre du gouvernement provisoire soit élu par l'Assemblée nationale constitutionnelle - c'était la seule solution acceptable dans le désert procédural dans lequel nous nous trouvions. Cependant, une telle solution ne pouvait être qu'une nécessité du moment. L'unité, la cohésion, la discipline interne du gouvernement français doivent être les valeurs les plus sacrées, faute de quoi on perdrait bientôt son autorité et son pouvoir. Comment, cependant, cette unité, cette cohérence et cette discipline intérieure seraient assurées en permanence si le pouvoir exécutif venait d'une seconde autorité, entre laquelle il y aurait un équilibre, et si chaque membre du gouvernement, solidairement responsable devant les représentants de toute la nation, n'exercerait sa fonction qu'en vertu de son lui par son parti de mandat ?
Le pouvoir exécutif devrait donc venir du chef de l'État, homme d'État au-dessus des clivages politiques, élu par un organe collégial comprenant un parlement au sens large faisant de lui à la fois le président de l'Union française et le président de la République. Il devrait appartenir au chef de l'Etat de choisir - en tenant compte de l'intérêt général - les personnes, en tenant compte des tendances au parlement. Il est responsable de la nomination des ministres et, bien sûr, d'abord, bien sûr, de la nomination du Premier ministre chargé de la politique et du travail du gouvernement. Il appartient au chef de l'Etat de déposer des lois et d'adopter des décrets, ces actes constituant des obligations des citoyens envers l'Etat en tant que tel. Son travail consiste à présider les réunions gouvernementales et ainsi assurer le continuum dont le pays a besoin. Il a le rôle d'arbitre à travers les divisions politiques, soit par un vote consultatif, soit, en période de crise plus grave, en demandant à la nation de prendre des décisions par voie d'élections. En cas de menace contre l'État, il serait le garant de l'indépendance nationale et des traités conclus par.